GRANET

Zombie Poison Coupé

On pourrait croire que les images de Louis Granet sont les évidentes déviations de pratiques de reproductions et de narrations, issues de la bande dessinée, du graphisme et de l’édition. La peinture serait une fonction de plus, complexe et particulière. Où la recherche du trait comme de la couleur s'entichent de prétextes con...

Zombie Poison Coupé

On pourrait croire que les images de Louis Granet sont les évidentes déviations de pratiques de reproductions et de narrations, issues de la bande dessinée, du graphisme et de l’édition. La peinture serait une fonction de plus, complexe et particulière. Où la recherche du trait comme de la couleur s'entichent de prétextes contextuels et visuels, dont la question se résumerait au déploiement des échelles et des savoir-faire. La peinture serait alors profitable, efficace et mouvante : concordante. Mais le geste de Louis n’est pas de l’ordre de l’utile et de l’apparat, il répond à une nécessité, un apparaître.

Il est avant tout dessin, traits de liens et de césures, des hypothèses d’espaces et de présences tracées, actées. Le dessin est futile, fragile, reproductible. Ici la ligne se raconte, (se) répète, s’exerce et (se) laisse la possibilité d’un autre, d’une inattention et d’un inattendu. Des vues condensées, anodines, des observations quotidiennes qui s'éclatent et s'empilent sur les surfaces acryliques, qui découpent les temps comme des écrans à scroller indéfiniment. Les mêmes se différencient dans les regards baladeurs : sur les pleins tranchés et les pointillés d'objets, les textes et les textiles, dont les teintes luxuriantes se délient en étalages de bouquets, en situations de mouvements abstraits de leurs normalités. La ligne est voulue signe, souplesse, justesse, où la couleur prend corps par aplats, dépose les plans successifs et excessifs sur ces étendues de toiles et de papiers, cadrées.

« Caravagisme-zombie-poisson-coupé », des natures mortes qui se survivent en #pornfood.Et le tableau a cette franchise où tout semble à portée, comme au marché. Le formalisme du peintre n’avance pas au regard comme un mort-vivant d’un présent décharné d’authenticité, c’est au contraire un marcheur endurant, engagé entre les artifices et les réels pour en saisir des moments insignifiants de fascinations.

Les gestes de Louis Granet utilisent l’évidence de l’image et de sa picturalité pour engager des processus d’allusions et d’abstractions, plus que d’illusions ou d’illustrations. Des apparences d’apparitions et des apparitions d’apparences, des scènes de genres projetées en formes de vies qui tendent à mettre en place des potentiels de pressions dansnos rapports de réalités. Des échanges formels et affectifs, où les contextes et les tendances se distillent en doses quotidiennes. Un poison-poisson pour se prémunir des océans d’images technocratiques en partant à la pêche aux gouttes.

Une sorte de débordement, un débord au bord du cadre, pour donner à voir des natures qui ne sont plus mortes mais artificielles, bien réelles. Des mises en abîmes qui se partagent en passions chromatiques grouillantes de reflets et de déclinaisons vivifiantes, et qui tentent, tendent à nous donner de vrais mythes dans la perception et les usages des potentiels objets esthétiques de l’époque.

Alice Hauret-Labarthe

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